dimanche, juillet 09, 2006

Sermon du 14-06-06

Le soir tombe et la cloche sonne, sonne. Zaïm observe l’entrée des fidèles, remarque quelques têtes connues et note sur un parchemin les noms de ceux qui ne sont pas venus.
Un léger trac agite sa boyasse, à la vue de ces fidèles qui attendent, pleins de dévotion, son sermon. Il sait qu’il peut surprendre, agacer ou séduire. Peu importe, Zaïm a laissé un cheval derrière la porte dérobée de la sacristie au cas où ça tournerait mal.


Alors, vous êtes chauds ce soir ?

Silence et incompréhension.

Hum… Eh ben c’est pas gagné…

Je suis Zaïm, votre nouvel archidiacre bien-aimé. Je ne vais pas vous raconter mon parcours, ma vie - mon œuvre parce que je sais bien que vous n’en avez rien à cirer. Entrons donc dans le vif du sujet !
L’Aristotélicien est préoccupé par les affaires de la cité et il convient de l’aider à trouver sa voie dans les méandres politico-politiciens qui sont notre quotidien. Je vois ici et là que les hommes se déchirent, qu’ils s’apostrophent et se diffament pour quelque hochet glorieux. Pendant ce temps, notre Duché est au bord du gouffre, proche de la chienlit !
Je voudrais dire à tous les ambitieux qui sortent du bois que c’est bien beau de bavasser, de promettre et se répandre en bonne intention. Mais je leur garantis que s’ils ne musclent pas leur jeu, ils vont au devant de grandes désillusions ! Trop souvent l’Eglise a été négligée lorsque les beaux parleurs se partagent le monde. Or, je le dis sans détour, le Duché doit s’appuyer sur ses deux jambes : l’Eglise, l’Aristocratie et l’Armée.

Quelques fidèles font de grands signes à Zaïm.

Quoi ? Ça fait trois ? Ah ouais, je vois ce que vous voulez dire, j’me suis gourré… Oh, et puis on s’en cogne, vous m’avez bien compris.

J’en vois bien qui froncent un sourcil surpris, qui ne voient pas où je veux en venir… C’est pourtant simple, bande de tanches ! Il est du devoir de chaque croyant de s’impliquer dans la vie de la cité et de défendre son culte ! Combien de prétendus aristotéliciens rabachent sans cesse des âneries quasi-criminelle sur la « tolérance religieuse » ?

Zaïm crache par terre.

Doit-on laisser nos frères se murer dans l’erreur ? Dans la croyance en de faux dieux ? Certainement pas ! Celui qui se vautre dans la démagogie « tolérante » mérite le bûché comme ceux qui se complaisent dans l’hérésie !

Aristote est un, Aristote est omniscient, Aristote est omnipotent. Et le premier qui dit le contraire prend Son Pied aux fesses.

J’espère que vous m’avez bien compris, votre devoir est donc de convaincre les hérétiques ou de les dénoncer à la Garde Episcopale qui se fera un plaisir d’allumer le feu. Celui qui se la joue « c’est pas ma faute, je suis gentil », faudra pas qu’il s’étonne s’il part en stage chez Satan pour ses vacances post-mortem.
A présent, chantons un cantique bien d’chez nous. Si vous ne connaissez pas les paroles, faites « Babababababa », histoire que ça ait de la gueule vu de l’autel.

Citation:
Seigneur, mon Bon Seigneur, épargne nous tes foudres
Ne nous consume pas, ne nous écorche pas
Ne nous étrille pas, ne nous égorge pas
Ne nous rissole pas, ne nous mets pas en poudre

Seigneur, oui j’ai pêché, bien souvent à la mouche
Je renonce aujourd’hui à manier la gaule
Car j’ai trouvé ma voie à l’ombre d’un grand saule
Où je prie pieusement, de la foi plein la bouche

Oisif je suis, c’est vrai, mais, vois, je me repends
Ne m’envoie pas griller dans la braise et les flammes
Je ne peux pas laisser mes fils, mon chien, ma femme
Mes potes de comptoir, la soule d’Argentan

Seigneur, mon Bon Seigneur, épargne nous tes foudres
Ne nous consume pas, ne nous écorche pas
Ne nous étrille pas, ne nous égorge pas
Ne nous rissole pas, ne nous mets pas en poudre

Dix ans au mois de mai que je retap’ ma piaule !
Si je dois y passer pour cramer en Enfer
Ça casse un peu mes plans et j’en serais tout vert
Mon fric, ma sueur, comme pisser dans une viole ?

Seigneur, ne sois pas chien, ne me massacre pas
Je suis pas mauvais bougre et je donne à la messe
Moins qu’au Lys, ça c’est sur, vu le prix de la fesse,
Mais je fais des efforts, sois sympa, me brûle pas !

Seigneur, mon Bon Seigneur, épargne nous tes foudres
Ne nous consume pas, ne nous écorche pas
Ne nous étrille pas, ne nous égorge pas
Ne nous rissole pas, ne nous mets pas en poudre

Si j’ai bien été sage, si je n’ai pas menti
Mangé mes épinards, dit bonjour à la Dame
Fais mon signe de croix, bien purifié mon âme
Fais moi tomber cent balles tu seras bien gentil.


Ça, c’est fait ! Paraphrasant Saint Théodule, dans son « Epître au Ethyliques », je conclurai par ces mots : « Roger ! Un muscadet ! »

Amen

3 Comments:

Blogger Dame Angelo said...

HAAAAAAAAAAALELUIAH !

09 juillet, 2006 02:57  
Anonymous Anonyme said...

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12 août, 2006 12:27  
Anonymous Anonyme said...

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17 août, 2006 17:21  

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