vendredi, juillet 14, 2006

Mort d'Akyra/LMR - 2

La Mort Rouge :

"Un mariage.. mon mariage.. ma femme.. belle.. Une blessure à la hanche et une autre à l'épaule.. néant. Des chevaux.. une discussion.. Paris.. ruelles.. grande bâtisse.. tenture. Un bandage fait à la va vite.. la pièce sombre.. ma geôle.."

Akyra a du mal à remettre ses bribes de souvenirs dans l'ordre exact. Ses membres engourdis, une brume perpétuelle flotte devant ses yeux et son cerveau est considérablement affaibli par une douleur le rongeant de l'intérieur.. Ses plaies putréfiées, suintantes de pus, immondes traces de son enlèvement lui rappellent chaque instants là où il se trouve. La douleur lui donne des vomissements... et des idées suicidaires.
Il y a deux semaines, il a commencé à refuser toutes nourritures mais son gardien, trop désireux de garder son boulot, lui a fait avaler l'infâme gruau. Il n'avait pas hésité à le rouer de coups avant par mesure de "sécurité"..
" Deux semaines.. deux semaines.." soudain, il mesura ses dires et eut un rire ou plutôt un gémissement amer.. Il n'avait plus compté les jours depuis que les douleurs avaient commencé. cela pouvait faire une semaine, deux, trois ou même cinquante, il ne l'aurait pas su. Il avait oublié l'effet tendre de la lumière du jour, dans sa prison aucune lumière ne filtrait pour cause, il n'y avait aucune fenêtre. Ses ravisseurs en plus de le torturer physiquement s'amusaient avec ses nerfs. Aujourd'hui encore, il resterait couché à même le sol tel un cabot à l'agonie, aujourd'hui encore il ruminerait, gémirait et vomirait sa haine, son désespoir sa douleur.. Ce soir il se roulerait en boule, et comme un vulgaire animal, dormirait au milieu de ses vomissures et déjections.

Un jour ou une nuit, un homme de rouge entra dans la geôle, le garde ronflait et ne s'aperçut de rien.
Le sourire au lèvre, il toisa la bête aux cheveux hirsutes et au teint cadavérique.
Il s'agenouilla et regarda d'un air intéressé, presque amusé les hideuses entailles suintantes.
" C'est dû à une mortification de ta peau", dit-il.
"Le diable ronge ta peau et bientôt tu ne sera qu'une croûte de pus. La douleur doit être atroce non ? "
Il eut un rire sardonique. "Quel pauvre diable tu fais. J'ose espérer que tu tiendras jusqu'au moment où ton épaule tombera."
Il fixa ses yeux d'un noir sur ceux d'Akyra qui détourna le regard. La douleur l'empêchait de réfléchir et il accepta avec empressement le verre de vin de l'individu. Il but et en versa la moitié sur ce qui restait de son habit de mariage.
La maladie le rendait faible et son bras entier était désormais d'une couleur noire pourrie qui contrastait avec le teint blanc de son visage. L'homme lui retira le verre des mains et se retira d'une démarche élégante. Une jeune femme l'attendait d'un air impatient, les yeux dévorant de désir.
Ce soir-là, Akyra ne dormit point, il fit un rêve ou eut une vision de lui-même des plus étranges. Il voyait par les yeux d'un autre : une salle de Bal, des danseurs, de magnifiques tentures accompagnées de tableaux d'un goût exquis. Le Bal battait son plein, danseurs et danseuses virevoltant, tournant sur eux-mêmes, des bruits de froufroutement et une musique rythmant leurs pas. Il tourna son regard vers un coin mal éclairé de la salle, un trône s'y trouvait. Dans la pénombre il distinguait avec difficulté celui qui y était assis. Il s'avança, passant au travers des danseurs comme si ils fussent immatériels.
Arrivé aux marches devant le trône, il stoppa et examina l'occupant.
Celui-ci portait des habits de bal en soie rouge sang, un masque vénitien cachant son visage.
L'homme ricana puis hurla d'un rire guttural, d'une main il retira son masque. Akyra écarquilla les yeux, il ne voyait ni visage ni quoi que ce soit, un néant, un trou béant. Et pourtant le personnage hurlait à présent de rire, s'époumonant et faisant signe à l'assistance d'en faire de même, Akyra se tourna vers la salle et vit alors que tout les danseurs ne possédaient aucun visage.
S'ensuivit alors un rire général, tous fixant Akyra.

"Je m'éveillai en sueur.." Akyra se redressa sur son séant. Il sentait des mordillements au niveau de sa plaie à la hanche, il retira ses haillons et vit un rat, un gros rat en train de se rassasier de la chair putréfiée. D'un geste violant il envoya la bête contre un mur. Elle laissa échapper un petit couinement lorsque son crâne se brisa au contact du mur de pierre.
Akyra s'examina, son bras le brûlait, il avait une teinte noire. Sa hanche, elle, s'était remise à saigner et portait les marques de morsures. Dans un désespoir des plus complets, il s'allongea et somnola pendant, lui semblait-il, une éternité.

Akyra fut réveillé par un bruit de porte ouverte.
Il vit l'homme de rouge, celui qui lui avait donner du vin, celui qui hantait ses nuits.
L'homme prit un tabouret et dévisagea le prisonnier.
Akyra s'agenouilla et porta son regard dans celui de l'assassin.
Il se regardait, les yeux dans les yeux, il se fixait.

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Mortuis nihil nisi Bene..
Ton état d'esprit refléte la manière dont tu t'occupe de toi.
Défunt mari de Lancelotdulac morte de chagrin.
Cadavre décomposé.

3 Comments:

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Anonymous Anonyme said...

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Anonymous Anonyme said...

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16 août, 2006 08:16  

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