lundi, août 28, 2006

Joutes Emyriel/Celestin

Je vous laisse maintenant œuvrer et manœuvrer les âmes simples que nous sommes.
Il vous faudra convaincre ! L’heure de voter est proche ! Les badauds ici réunis, partisans, détracteurs, anciens amis ou nouveaux riches, tous auront à choisir pour chaque couple aujourd’hui constitué, celle ou celui qui l’aura convaincu ou simplement charmé d’une rime bien troussée si ce n’est trop alambiquée.
Pour ce faire il me communiquera son choix de manière discrète (MP) à l’issue des trois tours de chacun.

Notre arbitre essoufflé se poste enfin au centre des conciliabules, à égale distance de tous, saute souplement sur une caisse de bois brut et clame d’une voix forte portant loin :

Nous y voici ! Pour tous le même discours sera
En un mot comme en cent, je déclare l’ouverture
De ces joutes oratoires sans demi mesure
Que de la langue de bois, sonne enfin le glas !

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Celestaing... qui était-il? D'une bouffée, Emyriel tenta de s'en rappeler, mais à travers les brumes opiacées, il ne vit qu'un grand et charismatique jeune homme au port altier, aux idées bien ancrées et d'une indétrônable et belle fierté qui le rendait si imposant qu'un cafard même de taille "XL" se serait abaissé à s'écraser tout seul plutôt que d'affronter la réalité.
Mais le brave Emyriel dans le cauchemar de ses nuées ne se rendit compte de rien. Et tel le papillon toujours en chrysalide, il se terrait en son cocon de fumée, bien au chaud tandis que la tempête Rose et Pourpre se déchaînait à l'extérieur de ses remparts volutés.

Un peu intimidé néanmoins, mais reprenant contenance et mettant un pied devant l'autre, il s'avanca dignement, ne trébuchant qu'une ou deux fois tandis que le bourreau semblait l'attendre à la potence, aiguisant sa langue tel un couperet.
Puis, voyant une belle tenancière battante bec et ongles au loin, il accéléra le pas, bien décidé à faire de son mieux pour ne pas déshonorer toute la verve qu'une mixture bien préparée pouvait apporter. Son commerce en prendrait vite un coup s'il se laissait abattre ainsi sans résister!
La gorge sèche mais l'esprit d'un coup galvanisé, Emyriel prit la parole le temps d'un quatrain improvisé.
Doigt sur le nez, le tapotant légèrement, comme réfléchissant plus profondément que jamais, il débuta cette joute comme il le pouvait.


Jieuah est un nom dont tu te souviendras,
Quand tu crieras ta peine et que tu pleureras,
Là Haut C'est... Le ciel, pas la réalité,
Souviens toi bien de ca en ta chute atterrée.


Un pas en arrière et la pipe aspirée, et voilà l'Emyriel de nouveau en ses fumées, attendant un peu rouge la suite des évènements, trouvant de plus en plus ce passe temps grisant, bien qu'un peu malvenu d'ainsi le politiser, le voici embarqué en un parti ducal d'une partie joutée.

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...
Là Haut C'est... Le ci el, pas la ré a li té,
...

Mhmmm que voilà du bien bel ouvrage Sieur Emyriel Maître des fumées enchantées, que voilà de la rime dégraissée d’un surplus encrassé, il se tourne à demi vers un certain Sieur qui n’arrêtait plus de parler, ce n’est pas comme certain qui font dans le rajouté !

Le Gadjo d’une Phila esseulé à grands gestes des mains dispersa toutes fumées décolorées et sourit au rimeur, la chute est bien trouvée et non point atterrée, je puis vous l’affirmer !

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Un peu dépité de ne pas jouter contre une liste fortement opposé, ou quelqu'un qu'il n'avait jamais croisé Cel grognait.....

Oh je dit Rage ! Oh je dit Verve !
A vaincre un adversaire qu'on ne hait point
On combat sans gloire....

Quoi l'on m'oppose cet hermaphrodite morbide qui ne connaît d'existence que sensuelle ?
Ah décadence alençonnaise ! Moi qui fait preuve d'une érudition et de capacités intellectuelles largement supérieures à la moyenne, je ne suis cependant pas un ange descendu sur terre, mais un homme parfait !
Enfin lançons nous
Ah lançons ! il en restera bien quelque chose !

Pour ne pas trop se faire rabrouer justement Celestin l'homme de bien, se lança :

L’ami emy émit un cri, et a hausser….
Le ton face au verni Cel, va se retrouver
Vaincu, sans chaises, le minaudeur, mine d’odeur,
Goutez moi cette farce, Finira en pleurs !


Et Celestin tourna enfin son attention vers l'adversaire d'un jour, esperant, sait-on jamais, le voir vaciller devant une éventuelle vague d'admiration venue de la foule telle la houle.....
Même s'il avait quand même de légers doutes car il commençait sans s'emporter et trépigner d'admiration devant son génie

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Cette fois ce fut un arbitre absolument coi (qui a dit tant mieux ?!), car ici il approchait d’une certaine idée de la perfection,

un souffle délicat de fumée pigmentée offert artistiquement par un Sieur Emyriel fumeusement inspiré, relayé superbement par le lyrisme fameux d’un Sieur Célestaing en grande forme, quoi qu’un peu vaniteux.


Sieur Emy, Sieur Emy ! qu’avez vous à répondre ?!

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Eh bien! Ca ne manque pas ... de cel!

Emyriel étonné d'une verve si bien trouvée, et pourtant peu surpris de la joute adversaire, adressa au gouailleur un souffle de paresse. La perfection n'était pas son fort et le Charmant n'avait pas tort lorsqu'il désignait l'Emy comme redresseur d'effort. Croisant le regard de Celestin, enfin, il lui décocha une oeillade enfumée prête à faire se dresser les cheveux sur la tête d'une tenancière qui se serait demandée ce que fichait un Emy aux yeux qui le piquaient.
Ôtant une nouvelle fois sa pipe de sa bouche, il jaugea encore d'un coup d'oeil son adversaire. Le Celestin d'aujourd'hui était celui d'hier. Toujours aussi verbieux et prêt à en découdre malgré le regard fuyant qui ne laissait aucun doute.


C'est l'destin qui me fait rencontrer l'espoir,
L'dé s'teint d'un avenir où les bons sont coi,
L'Abrutissante Odalie Contournée d'un soir,
Offrira-t-elle d'Aristote la sagesse du Roi?

Nous verrons cela dès que j'aurais réfléchi. Laissez moi quelques temps pour ma philosophie. Il est vrai que la brume aide à réfléchir, mais pour ne pas se presser mieux vaut tenter d'agir. Autant dire tout de go que je suis ereinté, mais que je vais répondre, ou du moins le tenter.

Pipe nouveau entre les lèvres, le regard au lointain, Emyriel plisse les yeux, lève un doigt vers le ciel, l'abaisse doucement au rythme de ses vers tandis que d'un coup d'oeil parfois, il admire Celestin en son écoute, ne sachant ses folies mais connaissant le doute, bien conscient du fort parti auquel il fait face et désireux de connaître quelle en est la place.


Quelle est cette chos' floue en le ciel soudain?
Est-ce le dindon, la poule ou le Celestin?
Celui cherchant l'Aristot' même au creux des reins,
S'amusant d'l'art qui s'tord d'un' chignole, l'air fin?


Pardon Garnulf, cher Bourrel enfui, parti en fumée, de te prendre pour quelques vers ton beau et doux parler, offrant au public ta diction sans pareil, trouvant en toute syllabe, nouvelle merveille.

Soupirant une fumée bleuâtre et se tournant vers Celestin, croisant le regard du Gadjo et lui soufflant un rond vert du bout des lèvres, Emyriel reprit son assise, terminant ses mimiques explicatives de ses vers, attendant patiemment le coup droit d'un revers.

Tends la joue Emy, ce n'est pas encore fini!

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Amusé par l'air admiratif quoique legerement moqueur du gars , que Celestin connaissait bien pour le provoquer en se laissant souvent aller à la dithyrambique envolée, il s'adressa a l'arbitre :

L’art est stotélicien ou ne sera pas !
Mon cher gadjo, la vanité sied aux grandes ambitions, aux envolées lyriques et a l'audace magnifique !
Du reste ce n'est pas a un bohémien amateur que j'apprendrais que la modestie est la marque des faux humbles, des timides et des gens qui ne sont pas sur d'eux mêmes !

Flamboyer est beau, Flamboyer est grand, Flamboyer est bon !
Surtout en cette tristounette contrée que redeviens l'Alençon....
Mais il me faut revenir a la lutte acharnées, pieds a pieds...
Il me faut encor' enjamber les vers a defaut de les vider !

Quand a toi emy mon ami, deux mots !

Tombé du ciel ? Ah quand les troncs pètent, je ris chaud !
Et ma renommée, des reins, est bien débouchée !
C’est en haut, en haut, qu’on prie le plus fort ! en haut !
Tombé du lit ? la plage… Sous les dépravés...




Inquiet s'il eut un autre adversaire, Celestin se disait qu'une subtile recomposition des lettres de son parti ne pouvait échappé a l'emy....
Amusé par l'air admiratif quoique legerement moqueur du gars , que Celestin connaissait bien pour le provoquer en se laissant souvent aller à la dithyrambique envolée, il s'adressa a l'arbitre :

L’art est stotélicien ou ne sera pas !
Mon cher gadjo, la vanité sied aux grandes ambitions, aux envolées lyriques et a l'audace magnifique !
Du reste ce n'est pas a un bohémien amateur que j'apprendrais que la modestie est la marque des faux humbles, des timides et des gens qui ne sont pas sur d'eux mêmes !

Flamboyer est beau, Flamboyer est grand, Flamboyer est bon !
Surtout en cette tristounette contrée que redeviens l'Alençon....
Mais il me faut revenir a la lutte acharnées, pieds a pieds...
Il me faut encor' enjamber les vers a defaut de les vider !

Quand a toi emy mon ami, deux mots !

Tombé du ciel ? Ah quand les troncs pètent, je ris chaud !
Et ma renommée, des reins, est bien débouchée !
C’est en haut, en haut, qu’on prie le plus fort ! en haut !
Tombé du lit ? la plage… Sous les dépravés...




Inquiet s'il eut un autre adversaire, Celestin se disait qu'une subtile recomposition des lettres de son parti ne pouvait échappé a l'emy....

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Voyant Celestin scruter le gars, Emyriel se sentit un peu seul en ses pensées tandis qu'il tentait de comprendre ce que l'Alaisien devenu Argentanais tentait de lui communiquer. Faisant appel à toute sa fumisterie et son attitude enfumée, interrogeant toutes les muses s'offrant à lui, l'opiacé ambulant décrypta peu à peu les messages que son adversaire lui balancait sur sa joue tendu tel un baiser un peu trop fougueux tenant plus de la giroflée à cinq pétales que de la simple apposition de lèvres exsangues.

Le coeur battant, il sentit d'un coup la pression monter en lui. La fin était proche et le pauvre Emyriel n'avait plus qu'une chance pour tenter contrer la parfaite rhétorie d'un gaillard sur de lui. Observant sa manière de faire, s'imprégnant des armes de son adversaire, il en usa lachement, pressentant bien qu'il ne ferait pas le poids si contre la plume d'écrivain, l'on gravait nombre de vérités au marteau et burin.


Celestin, en curé avec la belle calotte,
Tire un écu du tronc des fidèles d'Aristote,
Pour les présentes élections de l'Alencon,
Nul besoin d'AOC, ni de sain corps, ni chon...


Le Chon était sa dernière rime (NB:Chon,nm: Petit morceau de lard provenant de la fonte du saindoux).
Et c'était la fin pour lui. Plus qu'une passe avant de s'en retourner au fumoir, mettre au point nombre de mixtures enfumées plutôt que de versifier.
La Joute avait du bon, mais elle avait éteinte sa pipe. Aussi c'est avec moultes précautions qu'il en rebourra une, frénétiquement finalement, d'un sachet personnalisé "fin de joute", préparé la veille pour l'occasion qui se présentait enfin.
Inspirant sa première bouffée, exhalant un carré aux couleurs chatoyantes et dorées, Emyriel poussa un soupir de bien être avant d'abaisser de nouveau son regard en celui de son adversaire, souriant d'être au bout de ses peines, espérant qu'il n'avait été trop piètre, mais redoutant la dernière parade d'un Celestin plus en forme que jamais. La politique l'avait ramolli, mais Emyriel pensa que d'un caillou dans lequel il avait buté, s'était mué un roc aux contours bien effilés.


Allons-y, allons-y je suis prêt! Pour l'avenir de l'Alencon je désire rentrer bien vite chez moi, ou au Lys, pour offrir à nos concitoyens mille et une concoctions des plus appréciées afin qu'ils soient sains et en bonne santé, relaxés comme jamais, Jouissant En Alencon, heureux d'être en ce duché, oubliant les Abrutissantes et Outrancières Calomnies des uns et des autres pour se rapporter à une seule vérité.
Messieurs dames, dépéchons, dépéchons! Pour l'Alenconnais moyen comme pour le bon et le moins bon, il n'y a qu'un temps pour voter!

Se balancant d'un pied sur l'autre, dodelinant de la tête tout en fumant, il attendit enfin le dernier quatrain, poli et bien posé, prêt à tendre une troisième joue si besoin était.

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Voyant la reflexion barrer le front d'un emy a l'agonie, et devant les regards interrogateurs des spectateurs, celestin se dit qu'hélas il plaçait la barre trop haut, l'alençonnais n'avait pas encore été éduqué a l'art consommé du contrepet !
Pourtant quelle poésie, quelle subtilité champêtre a pouvoir inocemment annoncer "J'aime à sucer le jonc de ma petite canne" !
Décidemment ce duché avait besoin de communication.....

Revenant, rêveur a la préoccupation de l'heure
A l'ami des douces senteurs, du doute sans heure...
Il composa promptement un mot de guichet
S'il était dit qu'il contrepétait plus haut que son cul
Autant revenir a ses premieres amours, le jeu de mot laid !
Et joute gagnée, il irait avec ses amis taquiner la caille sur un fut...

Il prit alors possession d'un pas martial de la scéne et pour achever et son oeuvre et l'adversaire, lança en guise de cri de guerre, à son concurrent ésseulé, sa réplique :



L’aine, emy est faible ! Tel l’être qu’on petrit
Mou comme une chique, à trop fumer, l’emy s’terre !
Au succès d’l’AOC ! Buvons de ce vin-ci !
Rempli d’humilité, nous verrons emy s’taire !


Voila les dés en étaient jeté, mais Dieu est Humour comme ne cessait de le prêcher Celestin....
Au reste son adversaire d'un jour pourrait toujours aller rechercher réconfort auprés d'une femme...

Cette femme a qui il disait "ma cherie, tu sais c'est toi", dont l’Affectation Outrancière , Ceremonieuse de la Jeune Ecervelée Angelo, Participait Amorphement de sa Ruineuse Solennité....
Il eut envie de lui lancer "Hâte-toi de lui faire la cour avant d'être marié...."
Mais ne lui lança qu'un sourire, ce qui eut pour effet de moins le fatiguer.
Se tournant alors vers l'arbitre


Alors pepere ! Les dés en sont jetés
Les vers ont été lancés, reste a écouter l'acclamation populaire !
Que le meilleur gagne, surtout si son nom est Celestin Very Happy
Sinon ma foi, j'aurais surement d'autres occasions de briller,
Et n'aurait nul regret si ce n'est de n'avoir lancé tel divertissement plus tôt !
Et s'il n'y a que ça, j'apprendrai a l'Alençon étonné, l'art du contrepet !
En la matiere avec un fin partenaire comme zaim, nulle limite, nulle chapelle sacrée....

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Ils sont viendus !
Ils ont concourus !
Vous ont-ils convaincus ?

De quatrains relevés d'une sagace fumée
L'Emyriel embrumé a su nous régaler
Son talent des nuées subtilement bleutées
Ici ou même ailleurs n'est plus à démontrer.

Que dire de Célestaing ? qui Cèle son destin
Pour au duché demain espérer un festin,
A-t-il rimé en vain ? que sera le scrutin ?
Celestaing l'homme de main d'un avenir malin !

Choisissez bien !

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