mardi, septembre 26, 2006

Mort de Garnulf Knotwise

Un bruit de branche se brisant se fit entendre, suivit d'un grognement et d'un bruit sourd.

Mordiou, f'tus bois!

Le corbeau vint picosser son maître, cherchant à savoir s'il était toujours vivant. Le bougonnement rageur le persuada que oui.
Garnulf Knotwise se releva, l'air sinistre.
Dieu qu'il avait changé en si peu de jours!
Il y a une semaine, les premières douleurs l'avait prit. Il était en train de vider son enième verre en taverne quand une douleur atroce lui avait vrillée le flanc droit. Ne sachant que faire, il avait décidé de vider encore plus de verres.
Finalement il avait été prit de nausée et était allé vomir dans sa masure.
Lui normalement qui aimait tant sortir et foutre le bordel avait été assez absent, restant chez lui, le corps parcourut d'une fièvre horrible. C'était une des premières fois que le vigoureux Garnulf avait été attaqué par ce genre de maladie, un sentiment nouveau en lui. Et ces douleurs aux côtes et ses vomissements! Aristote le punissait-il?
Il semblait que oui, car quand il mangeait, la digestion horrible, son abdomen semblait être chauffé à blanc. Pas pouvoir manger? Quel atroce châtiment! Se faisant plus pieux qu'à son habitude, l'horrible ivrogne était resté chez lui, perdant beaucoup de poids et mangeant quelques petites bouchés ici et là. Déstabilisant pour ce géant à l'appétit si vorace.
Après quelques jours, il était sorti de son inactivité, prêt à présenter son programme pour la mairie d'Argentan. Mais les malaises et douleurs l'avait reprit et il avait été forcé de se retraire en sa cabane écarlate. Vomissements, pertes de poids, douleurs au flanc droit tout continuait! Quel enfer! L'exécuteur n'avait même pas plus cherché un scribe pour répondre au Comte d'Artois qui le conviait à officier un bûcher. Il avait encore moins plus se rendre à Azayes où son ami l'azimuté enfumé allait avoir une cérémonie. Mais fort heureusement, l'alcool lui tenait toujours compagnie. Redoublant ses conssomations, il pensait pouvoir enrayé la maladie par ces breuvages.

Et maintenant, il se retrouvait dans le foutu bois! Quel idiot lui avait dit d'y aller? Lui...
Et pourquoi? Pour prendre de l'air.
Les Serres lui avait suggéré que cela pouvait être bien pour lui. Prendre de l'air se tenir loin de sa masure pour un temps. Pourquoi pas? Il n'avait jamais aimé la nature, mais peut-être, peut-être que cela l'aiderait.
NON! Ça ne l'aidait nullement!
Des racines, des animaux, des ombres, une infinité de créature embusquée dans les bois prêtes à le découper en morceaux!
En plus il faisait nuit! Quelles idées que les Serres avait de l'envoyer dans les bois.
En plus il avait le goût de :


V'mir! P'tin, j'llions g'rber!

Se pencha, il souilla de bile les racines d'un beau chêne.
Âgé de dix-sept hivers, vénérable pour un corbeau, les Serres se tenait sur une branche, regardant avec curiosité son maître.
Pourquoi il n'allait plus en taverne? Pourquoi il ne mangeait presque plus?
Maintenant, lui, pauvre rapace, devait toujours aller chasser, ne partageant plus les repas de son gros maître. Il devenait beaucoup trop vieux pour les chasses.
Ses régurgitations ayant prient fins, Garnulf jetta un regard vers les Serres, passant une grosse main sur ses joues flasques par la perte de poids rapide.


'llez f'tu piaf, 'mène-toé on rentre!

Non content du temps agressif employé par son maître, les Serres émit un croassement semblable à un sifflement irrité, mais consentit tout de même à retourner sur la grosse épaule musclée de son maître.
L'oeil hagard, il regarda autour de lui.
Ombres, ténèbres, ombres, ténèbres...
Rien! Aucun signe de civilisation!
Par où Argentan?
Son maigre sens d'orientation n'en savait fichetrement rien.
Dépassé, le soldat se massa le front cherchant une solution.


Grmbl... Argentan... Argentan... Argentan... Argerghhhhhreuh!!

Quelques pas.... Le colosse s'effondra, envoyant au sol son vieux corbeau.
Vraiment frustré, les Serres se releva sur ses pattes. En quelques bonds il approcha de Garnulf, bien décidé à lui montrer qu'il n'aimait pas qu'on le lance au sol comme une vulgaire poupée de chiffon.
Il s'arrêta dans son geste...
Son maître était étrange, les yeux révulsés, les dents serrés et le teint cendreux. Il avait un peu le même faciès que les gens qu'il torturait.
Mais bizarrement, "le maître" était par sur la grosse structure en bois dans la grosse agglomération pleine d'humains.
Il était là, appuyé sur la base d'un gros chêne, tenant son flanc. Interrogé par l'attitude étrange, le corbeau crut à un jeu. Dans sa jeunesse, il aimait les jeux, mais à son âge...
Exaspéré, les Serres se posta plus loin, le bec levé haut, l'air hautain et méprisant. Pendant ce temps le gros energumène continuait de souffrir se levant en un sursaut de douleur il se rabaissait aussitôt. Le "jeu" irritait les Serres, voulant le faire savoir il hérissa ses plumes, ouvrit grand les ailes, se faisant imposant et lâchant un méchant croassement. Hélas, cela ne changea rien à l'habitude du maître qui continuait de lever sa grosse patte hirsute vers les Serres, l'implorant de l'aider du regard. Mais le petit cerveau de l'oiseau, ne comprenant pas grand chose aux attitudes des grand primates quasi imberbes, n'y comprit rien.
Mais finalement, le corbeau glouton comprit quelque chose :


À b... oi....bbb...oïïï.... boire....

La petite phrase dificilement articulée sorti faiblement. Les Serres, habitué à la voix grondante de son maître regarda autour de lui, cherchant un intru. Mais il comprit finalement que c'était le bourreau alençonnais qui avait parlé.
L'attitude du corbeau changea rapidement suite aux dires de Garnulf. À boire : l'ordre habituel que Garnulf rugissait en entrant en taverne et apportait de la boisson. Les Serres, comme le vieux poivrot adorait la boisson, son maître l'ayant habitué en lui en servant souvent dès son bas âge.
Malgré ses recherches, le rapace ne trouva pas la grande femme musclée aux cheveux blancs ou la plantureuse tenancière de tripot. Normalement, À boire était suivit de l'arrivée d'une des deux femmes, arrivée qui apportait bibe.
Se retournant vers son maître pour l'interroger du regard, il vit celui-ci lever difficilement sa gourde en peau de chèvre contenant son tord-boyaux au fromage de chèvre et herbes.
Garnulf prit une longue rasade, une dernière longue rasade. L'alcool... qui vous dégourdit l'homme, coule comme de l'or dans la gorge, réveille les humeurs endormies par la nuit et noit les infortunes, peines et misères de la vie. Rassuré un moment par ces pensées et son récent breuvage, Garnulf sombra ensuite dans une torpeur étrange, annhilé par la douleur et l'effort qu'il avait déployé pour boire.
Le corbeau resta perplexe devant l'attitude étrange de son maître, puis l'instinc animal reprit le dessus et son cerveau lui fit savoir qu'il avait soif. En quelques petits bonds les Serres se retrouva sur la panse de Garnulf, ou il avait laissé choir sa flasque d'où s'écoulait quelques filets de casse-poitrine. L'oiseau vida lentement le récipiant, puis se coucha sur le ventre de son maître, attendant qu'il se réveille.

Garnulf Knotwise, bourreau de l'Alençon, mourrut dans les bois proche d'Argentan, appuyé sur un gros chêne, seulement accompagné de son vieux corbeau dans la nuit sombre et noire, laissant derrière lui une bâtarde non-reconnue et aucun testament. L'infâme quinquagénaire idiot, lourdaud et fort mourrut par une cirrhose du foie transformée en cancer, engandrée par l'alcool.
L'alcool, le breuvage qui l'avait soutenu, qui avait mené sa vie, qui avait été son ambroisie, qui lui avait fait maints tords, mais aussi du bien...


HRP : Voilà, c'est sûrement une surprise pour vous tous, la nouvelle n'étant guère connue.
Mon départ des RR est dû à un manque de temps IRL, mes études prenant beaucoup d'ampleur. Aussi, le jeu commencait à perdre de l'amusement initial que j'avais épprouvé.
J'y ai passé de nombreux bon moments, j'ai des fois éclaté de rire devant mon écran d'ordi.
Vos écrits m'ont souvent tenus de longues heures debout, vraiment j'ai été choyé de cotoyer des gens tels que vous, mes amis.
Je vous salut, espérant vous voir, peut-être un jour.

Les RR pour moi, c'est plus de 6000 posts, répartis dans 26 forums.
Les RR pour moi, c'est 17 personnages, nés et ayant peuplés 26 forums.
Les RR pour moi, c'est 17 mois de plaisir.
Les RR pour moi, c'est 5 comptes dont je me suis occupé avec sourire.
Les RR pour moi, c'est un tas de gens super, comportant nombre d'amis que j'ai parfois admiré et que j'ai eût beaucoup de plaisir avec.
Je vous salut, puisse l'avenir vous être plaisant.
Les RR pour moi, c'est finit.

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